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24/10/2011

LA CHAUSSURE SUR LE TOIT


De Vincent Delecroix.
Une fantaisie polyphonique à découvrir, entre nouvelles et roman, humour et tendresse, amour et frustration.
Gallimard, 2007.

26/08/2011

18/06/2011

"QUE FONT LES FEMMES A LA PENSEE ?"




A partir de Trois Guinées de Virginia Woolf, Vinciane Despret et Isabelle Stengers se sont interrogées sur le parcours et la place des femmes dans l'histoire de la pensée. Témoignages, anecdotes et analyses se mêlent pour tenter de répondre à cette question.

"Dans les réponses recueillies par les deux philosophes, il est beaucoup question de place. Se sentir à sa place, se faire remettre à sa place, se faire une place... La mathématicienne et philosophe Laurence Bouquiaux constate ainsi que les femmes adoptent souvent l'attitude docile et soumise de ceux qui ne sont pas vraiment "à leur place ". "Comme si elles ne se sentaient pas autorisées à contester, à discuter, à mettre en cause, ou alors seulement de manière très soft, sous forme de question ou de suggestion dont elles laissent déjà entendre en les formulant qu'elles pourraient être prêtes à y renoncer."

Le Monde signe un article intéressant sur cette publication et nous donne du même coup une bonne idée de lecture...
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/06/16/les-faiseuses-d-histoire-que-font-les-femmes-a-la-pensee-et-la-plus-belle-histoire-des-femmes_1536794_3260.html

Éd. La Découverte / Les Empêcheurs de tourner en rond, 14€.

08/05/2011

ANNEMARIE SCHWARZENBACH


Dans le dernier numéro de Télérama, une double page est consacrée à Annemarie Schwarzenbach, écrivain, journaliste et aventurière suisse, à l'occasion de la publication d'un recueil de lettres et d'articles qu'elle a rédigés dans les années 30 : Voyager avec Annemarie Schwarzenbach, La quête du réel. Cette quête du réel, c'est celle de la journaliste mais aussi de la femme, dont les voyages en Afrique et en Orient, d'abord entrepris pour fuir l'Europe fasciste, se révèlent comme autant de voyages intérieurs. A découvrir aux éditions La Quinzaine littéraire.

« Les textes réunis dans ce recueil sont pour la plupart des reportages publiés dans la presse alémanique: NZZ, Weltwoche, Nationale Zeitung. A ces textes journalistiques s’ajoutent des lettres, des fragments tirés de ses romans et des photographies. Ils composent l’image éclatée d’une jeune femme en recherche de son unité, dans un monde en déclin. »

22/04/2011

KATHERINE MANSFIELD - THE GARDEN PARTY


« Je ne voulais pas me l'avouer, mais j'étais jalouse de son écriture,
la seule écriture dont j'ai jamais été jalouse. Elle avait la vibration. »
(Virginia Woolf à propos de K. Mansfield)

Je suis très friande de nouvelles, et ça tombe bien, la néo-zélandaise Katherine Mansfield s'illustre parfaitement dans ce genre. En quelques traits, les personnages sont brossés et le décor mis sur pied. L'auteur devait être une excellente observatrice. Une écriture teintée d'une délicieuse ironie, tout en justesse; un style fluide et poétique qui font de ce recueil un petit bijou littéraire.
Nouvelles conseillées : « The garden party », « Her first ball »

04/04/2011

WOOLF - UNE CHAMBRE A SOI


Passées les premières vingt pages, pas désagréables mais qui font surtout office d'exposition et de bavardage, Virginia Woolf entre au coeur de la question qui la préoccupe: Pourquoi dans l'histoire, y a-t-il eu si peu de femmes écrivains ? Son hypothèse (elle parle en 1927): parce qu'elles n'ont jamais pu disposer d'un revenu propre ni d'un espace qui leur soit réservé. Maris et enfants étaient toujours là, dans leurs pattes, pour les en dissuader ou les interrompre, et elles avaient bien d'autres choses à faire qu'écrire – qui ne permettait certainement pas de gagner son pain! Pourquoi les hommes avaient-ils le droit, eux, d'être poètes, romanciers, dramaturges, et même peintres ou sculpteurs, et pas les femmes? Avaient-elles naturellement moins d'inclination à être artistes? Pourquoi devaient-elles écrire en cachette et pourquoi n'étaient-elles que rarement prises au sérieux et leurs écrits appréciés à leur juste valeur? Examinant les conditions qui ont toujours éloigné les femmes de la création littéraire, Virginia Woolf se révolte contre une société longtemps fondée sur un modèle patriarcal qui a sous-estimé leur talent (un talent différent mais pas moins estimable),  elle célèbre ces quelques romancières (Jane Austen, Charlotte et Emily Bronte entre autres) qui ont redoublé de ruses et de détermination pour donner naissance à ces grandes œuvres que l'on connaît aujourd'hui, et rappelle l'importance que les femmes s'expriment dans des livres écrits par elles et en partie pour elles. L'auteur -qui avait, c'est évident, une vraie force de caractère- tantôt s'insurge, tantôt s'exaspère, pour finalement lancer à toutes ce cri d'espoir et de liberté: écrivez si vous avez envie d'écrire, dites ce que vous avez à dire, soyez vous avant d'être ce que l'on attend de vous et ne prêtez guère attention aux avis extérieurs.
Même quand on ne se destine pas à l'écriture, ce texte ne peut manquer de nous parler, car il recèle d'informations et de bons conseils pour devenir actrice de sa vie. Un essai intelligent et très bien écrit, concis et efficace, dont je recommande vivement la lecture. 

(Titre original: A room of one's own. Vous trouverez ce qui me semble être une très bonne traduction de Clara Malraux aux éditions 10/18.) 

22/03/2011

AINSI SOIT-ELLE

« Malgré tout cela, il faut la prendre cette « parole de femme » que trop de « superbes parleurs » depuis trop de siècles ont réduit à l'inexistence ou au chuchotement. C'est une question de justice, de liberté mais peut-être aussi de survie. On a trop longtemps pris notre goût du bonheur pour un signe de médiocrité et notre dégoût de la guerre ou de la violence pour un signe de faiblesse. On a trop longtemps pris la parole de l'homme pour la vérité universelle et la plus haute expression de l'intelligence, comme l'organe viril constituait la plus noble expression de la sexualité. (...)
Toute la tragi-comédie de la supériorité du mâle dans l'espèce humain (...) n'aura finalement abouti, quels que soient les avantages marginaux que les hommes ont pu en retirer, qu'à un seul résultat; annuler le potentiel humain de la moitié de la population et priver chaque pays de 50% de ses forces vives.
On recherche aujourd'hui de nouvelles sources d'énergies, il faudrait peut-être penser aux femmes... »

Benoîte GROULT (I, « L'infini servage »)

23/12/2010

CORRESPONDANCE WOOLF - SACKVILLE-WEST

Tout bonnement délicieux. Une correspondance qui nous emmène ailleurs, quelque part entre Londres et la Perse, dans ce nid douillet qu'est l'amour. Les deux femmes passionnées et passionnantes, ne se lassent pas de se séduire avec les mots. On plonge aussi dans l'Angleterre du début du XXème, ses dîners mondains et son effervescence artistique, et trouve une réflexion intéressante des deux écrivains sur leur style littéraire et leurs œuvres respectives (de la poésie pour Sackville aux romans de Woolf, en particulier Orlando). Les lettres se dévorent les unes après les autres, avec la même jouissance que celle qu'ont pris leurs auteurs.

Traduction très agréable et texte bien documenté, avec notes et éclairages, pour ne rien manquer des messages codés entre les deux coquines.

28/08/2010

LES CHRONIQUES DE SAN FRANCISCO

Qui n'a encore jamais goûté aux délicieuses chroniques d'Armistead Maupin ne sait pas ce qu'il rate! N'attendez plus et pénétrez la fantastique demeure de Mme Madrigal et de ses enfants d'adoption, ceux qui restent et ceux qui ne feront que passer. Des dialogues jouissifs et des histoires qui s'entrecroisent, toutes plus démentes les unes que les autres, et nous voilà à rire, s'attendrir, pleurer, retenir son souffle, être surpris... bref à vivre et à aimer avec cette bande de joyeux marginaux. Que vous soyez black, blanc ou beurre, hétéros, gays, bi ou trans, secrétaire, journaliste, pépiniériste ou PDG, soyez assurés d'y trouver votre compte: on croise de tout à Barbary Lane! De rencontres improbables en situations loufoques, rien n'est jamais assez fou pour ce San Francisco coloré et très libéré des années 1970.
C'est léger, raffiné et bon pour le moral, sans être niais ni dépourvu d'un œil critique. Alors que demandez de plus ?
Sept tomes à grignoter n'importe où, n'importe quand.