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15/03/2013

XXY


J'ai découvert ce très beau film de Lucía Puenzo (qui a également signé El niño pez) dans le cadre de la Queer Week à Sciences Po Paris. L'histoire est celle d'Alex, élevée comme une fille mais possédant des organes sexuels à la fois féminin et masculin ("intersexuée", donc). Retirée avec ses parents dans une maison au bord de la mer, jusqu'à ses 15 ans tout allait à peu près bien. Sauf qu'un jour, elle décide de ne plus prendre les médicaments qui lui évitent de développer sa testostérone. Les choses se compliquent encore quand un garçon un peu plus âgé qu'elle, Alvaro et son père chirurgien, viennent séjourner chez elle... L'heure des choix a sonné. Et s'il n'y avait pas à choisir ?


*

05/12/2012

LES INVISIBLES


C'est drôle, tendre, engagé et plein d'optimisme sans tomber dans la naïveté. Alors, ne vous fiez pas trop à l'affiche (qui donne, à mon avis, une bien mauvaise image du film) et COUREZ LE VOIR !

20/03/2012

De Chaplin à Glenn Glose, travelling sur travestis


"Hommes en jupettes, femmes en costards… Longtemps ambigu, le personnage du travesti au cinéma ne cache plus son jeu."
A lire sur Télérama.fr

16/10/2011

Florilège de films à voir (septembre / octobre) :

Prouesse visuelle: Melancholia de Lars Von Trier

Bouffée d'air frais : La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Planant : Restless de Gus Van Sant

Soigné et hypnotique : L'Apollonide, souvenirs d'une maison close
 de Bertrand Bonello



21/06/2011

BEGINNERS


C'est soigné, sensible, triste aussi, mais avec un grain de magie et de poésie qui ne manque pas de nous faire sourire. J'ai aimé Beginners pour les émotions qu'il procure, pour son art d'approcher les relations humaines, la maladresse, la retenue et les interdits qu'on y mêle parfois, pour sa façon délicate d'évoquer la traversée d'épreuves difficiles, pour son montage original en flash-backs et projections d'images en cascade et sa BO... Malgré des petits défauts, voilà une réalisation pleine de charme qui donne envie de se sentir vivant(e) et d'oser être soi-même.

28/05/2011

LE GAMIN AU VELO


Les critiques l'ont encensé à Cannes ; mais pour moi qui voyais mon premier Dardenne, c'est une grande déception. L'histoire est plate, décousue, pesante et on ne sait finalement pas très bien où les longues échappées du gamin au vélo nous mènent. Cécile de France sauve le film par sa prestation, mais ça ne suffit pas. Je serais tentée de dire : passez votre chemin.

16/05/2011

MINUIT A PARIS


Très cliché et par moments ennuyeux, Minuit à Paris m'a globalement déçue. J'ai aimé les personnages joués par Owen Wilson et Marion Cotillard, pour leur folie douce et leur authenticité, ainsi que Gertrude Stein campée par Kathy Bates, mais j'ai été agacée par plusieurs autres (entre autres, les parents de la fiancée et le couple pédant, qui ne m'ont même pas fait rire...) et nullement été éblouie par l'apparition de Carla Bruni (je ne vois pas quel besoin on avait de faire appel à elle pour un tel rôle).
L'idée de retours dans le temps m'a séduite: les scènes de nuit, plantées dans les années 1920 puis 1890, sont d'ailleurs celles que j'ai préférées, bien qu'elles devenaient facilement prétexte au catalogue de grands artistes (Hemingway, F. S. Fitzgerald, Dali, Picasso, Bunuel...). La fantaisie de Woody Allen semblait toutefois s'épanouir ici et je dois dire que je m'y suis bien amusée. Malgré tout, le film est trop inégal à mon goût, trop « romantique » aussi, et manque de l'humour épicé qui fait la singularité du cinéaste. On a vu mieux.

23/04/2011

TOMBOY


J'avais beaucoup aimé Naissance des pieuvres, j'ai été enchantée et émue par le troublant Tomboy. Tomboy, c'est, vous le savez sans doute, un film sur l'incertitude identitaire à l'âge enfant. Se faire passer pour un garçon devant sa nouvelle bande de copains, c'est d'abord un jeu innocent pour la petite Laure. Elle peut jouer au foot torse nu avec les autres et se rapprocher de Lisa. C'est l'été, l'insouciance s'épanouit à loisir, dans le dos des parents. Mais ce jeu prend bientôt de l'ampleur et « Mickaël » se trouve embêté, confronté aux limites de son propre corps : il lui faut tenir le rôle. Alors il surveille son torse encore lisse, demande à sa petite sœur de couper ses quelques cheveux qui dépassent, et au besoin se fabrique même un petit pénis en pâte à modeler pour pouvoir rejoindre les autres à la baignade. Le spectateur, entré dans le secret de Mickaël avec sa petite sœur, guète, anxieux, le moment où celui-ci risque d'être dévoilé. La tension monte. Jeu ou mensonge ? Travestissement d'un été ou naissance d'un trouble identitaire durable ? L'histoire ne le dit pas, et c'est ce qui m'a plu: les interprétations sont ouvertes, les réponses jamais données. Le langage est d'abord visuel. La caméra capte les instants et les émotions avec subtilité, nous fait tour à tour entrer dans la chaleur de la cellule familiale autour de la mère enceinte, dans la relation complice et joueuse des deux sœurs, et dans l'amitié amoureuse qui naît entre Mickaël et Lisa. Scènes drôles et touchantes, reflet de l'enfance reine insouciante (où chacun verra quelques souvenirs); scènes aux accents bien plus graves et violents mais jamais exagérés, quand le jeu prend fin. Comme un écho atténué de Boys don't cry. Et cette fichue robe, comme elle paraît finalement tragique !  Se forcer à redevenir "fille" - avec tout ce que ça a de ridicule. Tomboy est un film d'une grande simplicité et à la fois d'une justesse et d'une grâce infinies. C'est beau, singulier et lumineux. D'autant plus beau lorsque l'on sait le peu de temps qu'il a fallu à la réalisatrice pour l'écrire et le tourner. Décidément prometteuse, Céline Sciamma.

Courez donc en salle découvrir ce joli film.

NB: Pour celles et ceux que ça intéresse, vous trouverez plusieurs interviews intéressantes de Céline Sciamma. En voici une parmi d'autres:

Enfin, quelques articles plus ou moins récents et plus ou moins en rapport avec la question du genre:

Bon week-end de Pâques à tou(te)s :)

18/04/2011

LE NOM DES GENS


« Il y a des gens courageux et intègres partout... »

Une histoire un peu loufoque, pour une fille complètement loufoque: ça se tient ! Si Sara Forestier m'avait peu convaincue lors de ses précédentes prestations, dans Le Nom des gens, son personnage illumine le film du début à la fin. Jacques Gamblin et Zinédine Soualem sont très justes, le dernier même touchant. Ici le passé familial se mêle aux réalités contemporaines pour aborder la question de l'identité dans ses diverses dimensions: humaine, sociale, politique, culturelle. Finalement c'est une histoire à l'image de la France d'aujourd'hui, qui joue et se joue des clichés ambiants, pour proposer une conclusion intelligente et pleine d'espoir. C'est drôle, léger et ça donne le sourire, sans oublier de faire passer des messages de fond... Formidable !

Lien streaming pour celles qui ont raté la séance :  

14/04/2011

GASLAND


Le gaz de schiste ? Kézako?? Contrairement au gaz conventionnel (qu'on obtient par simple forage vertical dans le sol), le gaz de schiste est emprisonné et dispersé dans la roche. Pour le faire remonter à la surface, de savants scientifiques ont mis au point (enfin... mis au point, c'est un bien grand mot) une technique consistant à injecter horizontalement dans la roche un mélange d'eau, de sable et surtout (ce qu'on omet souvent de préciser) de produits chimiques. Sous l'effet de la pression, ce mélange produit une explosion et la roche libère le gaz, qui remonte à la surface.
Le point « positif »: cette technique permet au pays concerné d'être moins dépendant de l'énergie étrangère en s'approvisionnant directement chez lui.
Les effets pervers: une sérieuse mise en péril de l'environnement et des hommes.

Le jeune cinéaste américain Josh Fox s'est intéressé à cette nouvelle pratique qui s'est développée aux États-Unis depuis 2005. Des compagnies gazières ont démarché des centaines de familles sur l'ensemble du territoire, dont la maison était bâtie sur des terrains riches en gaz de schiste. Contre d'alléchantes sommes d'argent, ces familles ont donc accepté que l'on vienne creuser un ou des puits dans leur propriété.
Résultat ? Catastrophique: le mélange injecté dans la roche demeure dans le sol et donc pollue les nappes phréatiques. L'eau du robinet n'est plus consommable, les produits chimiques infiltrent le sol mais aussi l'air, et rendent les hommes et les animaux malades. Il faut le voir pour le croire.
Pourtant les compagnies continuent de nier l'impact écologique de cette pratique et aucun contrôle officiel n'existe sur leurs activités.
Pourquoi ce film est à voir ? Parce que ce n'est pas seulement de l'autre côté de l'Atlantique que ça se passe: la question se pose désormais en Europe, où des demandes de prospection ont été faites, y compris en France. (D'ailleurs Josh Fox viendra en juin tourner Gasland 2.) Et puis parce que le documentaire est mené de façon intelligente, avec humour, ironie et parfois même poésie. Ça fait froid dans le dos mais c'est salutaire!

« C'est incroyable que la nature ait mis tant de siècles à se faire
et qu'en quelques heures les hommes puissent l'anéantir totalement. »

Le film a été peu diffusé en salles depuis sa sortie en France mais il est disponible sur Youtube (VOST) et DailyMotion (VO) :
http://www.youtube.com/watch?v=CO1oLWzWoeI

09/04/2011

PINA


Quelle déception devant ce film que l'on avait annoncé comme une révolution 3D! L'idée était profondément géniale mais hélas! le résultat est loin de tenir les promesses du réalisateur Wim Wenders (comme quoi la technologie ne fait pas tout). La première heure est ennuyeuse – malgré une qualité d'images très soignée : je n'ai ressenti aucune émotion, me suis sentie irrévocablement en dehors de la scène, en dehors de la danse. Quelque chose se passe enfin à partir des dernières 45 minutes: une libération, un éclat de lumière, un moment de grâce, et la magie opère enfin qui dit tout le talent de Pina Bausch. Enfin nous voilà embarqués! De belles scènes en extérieur dans des décors insolites, mais mon coup de cœur va au ballet aquatique du Vollmond. Un film en somme inégal, auquel on préférera peut-être Les Rêves dansants sortis à l'automne 2010.

30/03/2011

MA PART DU GATEAU


Faire état des inégalités sociales qui entretiennent aujourd'hui encore une France à deux vitesses: l'intention était bonne. Dommage qu'il faille en passer par tant de clichés! Le début du film est surjoué et trop manichéen, tant qu'il difficile d'y adhérer. Sans le générique et les premiers plans (appétisants), j'aurais même fini par me demander si on était bien chez Klapisch. Pourquoi faut-il absolument montrer des enfants d'ouvriers qui parlent en verlan? Des pauvres qui se saoulent pour oublier la misère? Des immigrées femmes de ménage? Un trader franco-londonien qui côtoie les mannequins et s'échappe pour un week-end de luxe à Venise ? On aurait compris le fossé qui sépare Steve et France sans ça. Il faut attendre que l'action revienne à Paris – où Klapisch, c'est un fait, est manifestement bien plus chez lui qu'à Dunkerque, Venise ou Londres – pour retrouver la familiarité de son coup de patte (tout de même changé depuis Paris). Gilles Lellouche se révèle parfaitement crédible en bon salaud (on lui foutrait bien des baffes) et Karin Viard prouve une fois de plus qu'elle peut jouer sur tous les registres, allier comique et pathétique. Le film tient beaucoup à sa performance. La relation qui se noue entre les deux principaux personnages – une femme de ménage et un roi de la finance – est finalement intéressante, même si grossièrement attendue. Un virage final donne cependant une issue imprévue à l'histoire. Une fin surréaliste et déplacée, que j'ai personnellement adorée, mais qui laisse les choses en suspens... Victoire celée, ou refus de prendre parti? Un film social qui verse un peu dans la caricature et manque  à mon goût de « fantaisie klapischienne »

26/03/2011

NEVER LET ME GO

Une histoire à la fois sombre et sentimentale, située dans le passé mais proche de la science-fiction, où l'on s'interroge simplement sur la vie et sur la mort, et le conditionnement des relations humaines. Je n'ai pas lu le roman de Kazuo Ishiguro mais je me suis plutôt bien laissée conquérir par le film et son touchant trio d'amis.

19/03/2011

WE WANT SEX EQUALITY


Banlieue de Londres, 1968. Une révolution s'apprête à voir le jour dans l'atelier étouffant des ouvrières de l'usine Ford-Dagenham. On n'en peut plus du toit qui fuit à la première pluie (qu'on n'accepte bien sûr que dans les locaux des femmes) et des salaires de misère pour des horaires à rallonge. On revendique un savoir-faire et on réclame l'égalité salariale. On ne transigera pas.
Les premières scènes, dynamiques et presque criantes d'optimisme, laissaient craindre une réécriture simplifiée sinon idéalisée de l'histoire. Mais passés les premiers succès enlevés par cette poignée de femmes en ébullition, le film laisse entrevoir plus sérieusement les problèmes en séries posés par la grève et son prolongement: la production usinière entièrement stoppée qui obligent les hommes à rentrer chez eux, la vie qui suit son cours et les caisses qui se vident (chez les patrons comme chez les ouvriers), mais aussi la difficulté de concilier engagements politiques et vie de famille à long terme, ou encore les tensions entre solidarité et concurrence au sein d'une même classe sociale. A mesure que la cause progresse et rassemble de plus en plus de monde, elle se fait aussi des ennemis, et quelques uns baissent les bras. Il faut lutter pour s'exprimer, encore plus pour obtenir ce qu'on veut. C'est vrai pour tout et partout.



Le film est porté par une bonne pléiade d'acteurs: la rayonnante Sally Hawkins (qu'on préfère un peu moins simplette que chez Mike Leigh), Bob Hopkins en supporter touchant de la cause féminine, Miranda Ridcharson en ministre du travail – mes hommages à Mrs Barbara Castle – ou encore la délicieuse Rosamund Pike (Une éducation; Jane Benett dans Orgueil et préjugés). Des moments émouvants, d'autres de pure jubilation (la première rencontre des représentantes féminines avec les directeurs de l'usine, laissés pantois, l'effervescence des premiers jours de grève, le déplacement de Lisa Hopkins chez Rita, pour lui témoigner son soutien, ou encore les répliques de la ministre...). Humour et connivence sont au rendez-vous. Un bon message d'espoir, qui rappelle que d'autres avant nous se sont battu(e)s et que le combat doit continuer.

14/03/2011

LES FEMMES DU SIXIEME ETAGE


Au sixième étage résident les « bonnes » ; aux étages inférieurs, les « patrons ». Les choses sont ainsi dans cet immeuble parisien des années 60: c'est chacun chez soi. Mais quelques montées et descentes d'escaliers plus tard, ce sont tous les codes hiérarchiques qui se trouvent bousculés. Ou comment un bourgeois s'invite parmi une belle smala d'Espagnoles... L'histoire paraît un peu saugrenue, un peu pleine de bons sentiments – et elle l'est en effet. Mais le film ne se le cache pas et il en joue même complètement. On passe donc volontiers outre les clichés à la pelle (sur l'Espagne comme sur l'univers bourgeois), parfois poussés à l'extrême mais toujours traités avec humour, pour apprécier une symbiose humaine inattendue et rafraichissante. Dans cette joie de vivre communicative, quelques instants rappellent aussi, tout en subtilité, que ces femmes de l'ombre ont une histoire, un passé et des espoirs. Ce qui les rend plus attachantes encore. Un petit vent chaud venu du Sud, qui va faire du bien à tout le monde, y compris à l'épouse coincée, cette chère Mme Joubert!, et à ses deux odieux mouflets. Il fallait oser. Lucchini incarne (une fois de plus) la fantaisie à merveilles, bien épaulé par Sandrine Kiberlain. On aime aussi beaucoup le charme de 'Maria' (Natalia Verbeke, qu'on espère revoir prochainement), le caractère provocateur un rien enflé de 'Carmen' (Lola Duenas) et l'entrain de toutes les autres. Un bel hymne aux femmes, à nos voisins espagnols, à l'immigration et peut-être, tout simplement, à la vie. Allez donc, sans hésiter, faire un tour au sixième étage.

11/03/2011

TRUE GRIT


Je me suis laissée convaincre par quelques bonnes critiques et un air de Johnny Cash figurant dans la bande-annonce, n'étant au départ ni une grande connaisseuse des frères Coen ni une véritable adepte des westerns. Je dois admettre une légère déception: le film se laisse très bien regarder mais je suis restée sur ma faim. Malgré plusieurs bonnes scènes, des paysages attrayants et une série de répliques drôles et cinglantes, la première partie du film manque de rythme. Le point fort de True Grit se situe à mon avis moins dans la mise en scène que dans les personnages et le renversement des liens qui les unissent. La jeune Mattie Ross, à partir de qui l'histoire se trame, est l'élément atypique (et donc véritablement intéressant) de cette réalisation. L'aplomb et la détermination dont elle fait preuve, du haut de ses 14 ans, est un vrai délice: les plus grands marshals de l'Ouest – dont ce vieux Rooster Cogburn, Jeff Bridges délicieux à ses heures lui aussi - sont aussi amusés et pris de cours que le spectateur. Reste une « morale » de cowboys un peu douteuse (mais c'est sans doute le genre qui le veut). L'ambiance et l'effronterie de la gamine nous font tout de même accrocher jusqu'au bout.

08/03/2011

BLACK SWAN

Une danse gracieuse & troublante portée par le jeu admirable de Nathalie Portman, ou de la difficulté à être ce qu'on est, tiraillé entre un idéal de perfection inatteignable et le souffle d'une (coûteuse) libération, au terme de laquelle s'exprimeront les désirs les plus sombres. Le spectateur s'enfonce progressivement dans la folie hallucinatoire du personnage, à mi-chemin entre le rêve et la réalité - non sans un certain plaisir, non sans un certain malaise aussi. L'intrigue est brillamment construite et nous tient en haleine jusqu'au bout (quelle scène finale!). Les seconds rôles tiennent leur rang également, du chorégraphe pervers (Vincent Cassel, un peu décevant tout de même) à la concurrente fantasmée (la séduisante Mila Kunis), en passant par la mère déséquilibrée. Une réalisation épatante et tout à la fois profondément perturbante. Acclamations méritées?

15/02/2011

AIMÉE ET JAGUAR


La rencontre passionnelle entre deux femmes pendant la Deuxième Guerre Mondiale à Berlin. L'une s'est mariée très jeune à un nazi parti au front, qu'elle n'a jamais vraiment aimé. L'autre est juive, résistante,  toujours en train d'échapper à ceux qui la poursuivent. La première est innocente, presque trop rangée; la seconde sauvage et libertine. Tout les oppose. Mais la puissance de leurs sentiments finira par l'emporter, en dépit des évènements tragiques.
Un peu larmoyant sur les bords (c'est sans doute le contexte qui le veut) mais très prenant et émouvant.

Merci Arte qui profite du Festival du film de Berlin pour proposer un cycle de cinéma gay & lesbien. Aimée et Jaguar, film allemand de 1999, adapté du récit autobiographique d'Erica Fischer, est visible pendant 7 jours à sur le site de la chaîne : *

12/02/2011

LE DISCOURS D'UN ROI

"- Listen to me... L..LISTEN TO ME !
- Why should I waste my time listening to you ?
- Because I have a voice. "
Voilà un éclairage atypique sur l'histoire récente de la famille royale britannique, une plongée dans l'intime qui dépasse le seul intérêt historique pour toucher, tout simplement, les cœurs humains. Derrière sa digne Altesse Royale –futur roi George VI, père de l'actuelle reine Elizabeth, il y a 'Bertie', l'homme avec ses failles et ses traumatismes d'enfance, anéanti par un bégaiement apparemment incurable. Malgré ses accents de mépris et son renoncement des premiers heures, on éprouve vite de la sympathie pour ce Bertie là [Colin Firth, une fois de plus épatant], qui se dévoile au cours de séances peu catholiques (ou plutôt peu protestantes...) avec un drôle d'orthophoniste. Sir Lionel Logue, acteur raté qui déclame du Shakespeare entre deux patients, médecin de derniers recours, déniché dans un sous-sol à l'allure douteuse par l'épouse dévouée de Bertie, offrira des scènes très drôles, d'autres plus graves et émouvantes. Il est le pivot du film, le pivot d'une existence. Tom Hooper montre en finesse l'évolution du rapport entre les deux hommes, des premières défiances à l'amitié scellée. Une libération. Ou comment surmonter son handicap pour se rendre digne de ses fonctions et graver à jamais ses mots dans l'histoire.
Avec un trio d'acteurs vraiment excellent. Réaliste et édifiant, plein d'espoir et d'humanité. A voir en VO pour ne pas manquer certaines répliques exquises!

07/02/2011

ANGELE ET TONY


L'entrée en scène d'Angèle est assez crue, et par là un peu déstabilisante. On attend de voir. Mais petit à petit les éléments s'agencent, font sens. Les personnages dévoilent leurs failles, prennent de l'épaisseur. C'est l'histoire d'une reconstruction. Angèle voudrait oublier son passé, démarrer une autre vie. Alors elle débarque dans celle d'un autre. Sa détermination est aussi touchante que sa maladresse pour y parvenir. Elle est un peu rentre-dedans, un peu trop impatiente aussi. Et Tony a beau être un marin de bonne carrure, il est déboussolé. Cependant Angèle apprend, elle apprend à l'apprivoiser, à s'apprivoiser, à laisser faire le temps. C'est une jolie rencontre, légèrement improbable, qui se cristallise. Rien n'est embelli, rien n'est parfait; la réalité est laissée brute, avec ses espoirs et ses incertitudes. Il y a des maladresses, quelques scènes dont on ne voit pas toujours l'intérêt. Mais on retient surtout les belles images (elles parlent ici mieux que les mots), les sourires qui illuminent un visage et qui laissent penser que la vie devrait toujours donner une seconde chance.